REOS : soutenir les enseignants pour aider les élèves en difficulté

24 septembre 2021

Au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l'Île (CSSPI), nous mettons tout en œuvre pour que tous nos élèves réussissent et s’épanouissent. Ainsi, quand un élève a des besoins particuliers (HDAA - élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage), toute l’équipe-école se mobilise afin qu’il obtienne le soutien dont il a besoin.

Le CSSPI offre également un soutien personnalisé aux enseignants via le service des Ressources Enseignante Orthopédagogue Spécialisée (REOS).

« Le service REOS aide les enseignants à mettre en place des mesures d’adaptation efficaces, concrètes et faciles à réinvestir avec les élèves ayant des besoins particuliers. Il favorise l’optimisation de leur potentiel en contexte de classe ordinaire. Ainsi, l’enseignant développe un regard plus analytique et se sent davantage à l’aise d’intervenir », explique Caroline Bélanger, conseillère pédagogique à l’adaptation scolaire et responsable du REOS.

Réinventer l’enseignement des mathématiques à Sainte-Germaine-Cousin

Isabelle Lemieux enseigne au primaire depuis plus de 20 ans. L’an dernier, une de ses élèves a obtenu un diagnostic de dyscalculie, soit un trouble spécifique des apprentissages touchant la sphère de la numératie (comprendre, utiliser, interpréter ou communiquer à l’aide des nombres).

« Je cherchais des moyens pour l’aider, mais je ne trouvais pas d’outils adaptés à la dyscalculie. Elle était très en retard et je ne pouvais pas tout reprendre à zéro ou rester constamment à ses côtés. J’ai donc demandé conseil à ma direction qui a contacté l’équipe des conseillers pédagogiques. On nous a alors parlé du service REOS et c’est ainsi que j’ai rencontré Chantal Denis », raconte Mme Lemieux.

 
Chantal Denis, orthopédagogue et Isabelle Lemieux, enseignante à l'école Sainte-Germaine-Cousin.

L’enseignante et l’orthopédagogue spécialisée ont ainsi commencé par discuter de l’élève, de la classe et des besoins pour l’enseignement. Mme Denis a ensuite proposé à l’enseignante différentes façons de réaliser des activités mathématiques afin de répondre aux besoins de l’élève en difficulté, tout comme à ceux des autres élèves.

« Chantal m'a amené à me remettre en question, à innover pour enseigner une notion, à utiliser les idées des élèves, à m’adapter à leurs besoins, à susciter les discussions en mathématiques. Elle venait en classe et voyait que certains élèves ne comprenaient pas la technique, même s’ils avaient la bonne réponse. Maintenant, j’ai une meilleure vue d’ensemble : je vois toute la forêt, pas seulement l’arbre devant moi », témoigne Mme Lemieux.

« J'ai découvert que je peux améliorer mon enseignement pour aider mes élèves en grande difficulté, pour leur permettre de vivre des réussites. Je peux les faire parler différemment, comprendre ce qu’ils vivent, mieux communiquer. Chantal m’a aussi amené à challenger les élèves forts, à leur montrer comment ils peuvent pousser le raisonnement plus loin. Tous mes élèves sont maintenant capables de raisonner en math. Ils n’ont pas peur de parler, ils font des liens, ils argumentent, ils ont plus de vocabulaire, ils s’entraident et s’encouragent. Tout le monde partage et se sent valorisé. »

En effet, le soutien du REOS est bénéfique pour l’enseignant et l’élève en difficulté, mais aussi pour les autres élèves de la classe et même les autres élèves et enseignants de l’école! « Ça m’amène à repenser ma façon de faire, à intégrer des changements dans ma planification. Et ça déteint aussi sur mes collègues de 4e année, car je leur ai parlé des méthodes enseignées par Chantal et je leur ai partagé le matériel, alors elles en ont profité aussi indirectement », souligne l’enseignante.

Comment soutenir les élèves HDAA à Marc-Aurèle-Fortin

En 2020-2021, Danielle Léveillé et Marie-Noël Le Bail, enseignantes d’expérience, avaient plusieurs élèves en difficulté et à risque dans leur classe respective. Malgré toutes leurs compétences et leurs efforts, elles se sentaient dépassées par l’ampleur de la tâche et n’arrivaient pas à aider leurs élèves comme elles le souhaitaient. « J’ai fait appel au REOS, car pour moi, il était primordial de trouver une solution afin de soutenir ces deux perles rares », souligne Barbara René, directrice de Marc-Aurèle-Fortin.

La directrice et les enseignantes ont ainsi eu plusieurs rencontres avec la REOS Josée Paquette afin de bien cibler les besoins. « Josée les a accompagnées afin qu’elles puissent soutenir leurs élèves, en les amenant à développer leur plein potentiel tout en respectant leur zone proximale de développement », raconte Mme René.


Josée Paquette, REOS, Marie-Noël Le Bail, enseignante, Barbara René, directrice et Danielle Léveillé, enseignante.

« Au début, j’étais déstabilisée, car je devais changer plusieurs éléments dans ma façon d’enseigner et intégrer des adaptations avec lesquelles je n’étais pas familière. Nous avons travaillé en co-enseignement et après chaque activité, Josée me faisait réfléchir sur le résultat obtenu. C’était vraiment un travail d’équipe pour me donner des outils et des moyens pour aider mes élèves. Je me sentais de plus en plus efficace et compétente », témoignage Mme Léveillé.


Danielle Léveillé, enseignante à l'école Marc-Aurèle-Fortin et Josée Paquette, REOS.

« Josée m'a offert une bouffée de fraîcheur, le second souffle dont j'avais besoin, car je me sentais impuissante devant l'ampleur des adaptations à mettre en place. Elle m'a permis de voir tout ce que je faisais déjà pour ces enfants et d'ajuster certaines de mes pratiques. Elle a su m'aider à associer les besoins de mes élèves à mes forces et ainsi accroître mon sentiment de compétence », souligne Mme Le Bail.


Josée Paquette, REOS et Marie-Noël Le Bail, enseignante à l'école Marc-Aurèle-Fortin.

Le service REOS a également permis un temps de planification de qualité pour tous les intervenants travaillant avec ces élèves. Ils ont ainsi uni leurs efforts pour offrir aux élèves du matériel adapté et des méthodes de travail à leur pointure.

« Grâce à des adaptations personnalisées, j’ai vu des étincelles dans les yeux de mes cocos. Ils se sont mobilisés et nous avons vu une énorme progression. Ils sont devenus confiants, car ils vivaient des réussites et étaient de plus en plus autonomes avec leurs outils », raconte Mme Léveillé avec émotion.

« Le plus important, c’est que tout cela s'est fait sans jugement. Josée est arrivée avec sa boîte à outils et sa bienveillance. Ce travail s'est fait dans la bonne humeur, avec fougue et passion. Je ressors de cette aventure grandie et avec l'envie de continuer à offrir à ces jeunes ce dont ils ont besoin afin de les aider à poursuivre leurs rêves », témoigne Mme Le Bail.