La bienveillance quotidienne d’une technicienne en éducation spécialisée

17 septembre 2021

Benjamine d’une famille de 17 enfants, Marie-Josée Meilleur a grandi avec de nombreux petits neveux et nièces. Elle a vite constaté qu’elle avait de la facilité avec les enfants et aimait en prendre soin.

Technicienne en éducation spécialisée depuis plus de 30 ans, « Maman Marie-Josée » comme l’appellent affectueusement ses collègues, accompagne maintenant avec bienveillance les élèves de l’école Adélard-Desrosiers à Montréal-Nord.

31 ans aux côtés des jeunes

Enfant, Mme Meilleur rêvait d’être pédiatre. Elle a finalement opté pour une technique en éducation spécialisée (TES) puis un certificat en adaptation scolaire, afin de pouvoir faire une différence concrète dans la vie des jeunes en difficulté.

Alors qu’elle était encore étudiante, elle a commencé à travailler à l’Hôpital de Rivière-des-Prairies, d’abord en accompagnant des résidents en psychiatrie dans des sorties, puis comme intervenante en foyer en groupe. Tout ça avant ses 21 ans!

Elle a débuté sa carrière en éducation dans une petite école secondaire de la Rive-Sud, où elle accompagnait des élèves à risque (plan d’intervention, suivi du comportement), puis a obtenu un poste dans une école privée qui accueillait des élèves en difficulté d’adaptation, d’apprentissage ou présentant de graves troubles du comportement.

« Je donnais des cours d’arts plastiques, j’accompagnais les jeunes toute la journée et j’allais même les chercher et les reconduire à la maison », se rappelle Mme Meilleur.

Elle a par la suite accompagné une jeune élève trisomique en classe régulière durant trois ans.

« Je ne voulais pas passer mes journées assise à côté d’elle. Je voulais l’aider à s’intégrer et aussi aider les autres élèves de la classe. J’ai donc proposé mon aide à l’enseignante et nous avons travaillé ensemble avec les élèves en difficulté ».

Conciliation travail-famille et mobilité

« Je vivais à Montréal-Nord et après avoir eu mes enfants, je voulais travailler près de chez moi. J’ai donc envoyé des CV aux différentes commissions scolaires de Montréal et c’est le CSSPI qui m’a appelé pour un remplacement à Marc-Laflamme. J’hésitais parce que je quittais un poste permanent sur la Rive-Sud, mais j’ai fait le saut et finalement, mon remplacement s’est prolongé jusqu’à la fin de l’année! »

Mère de jeunes enfants, Marie-Josée n’était pas prête à prendre un nouveau poste permanent. Elle a donc fait des remplacements dans différentes écoles du CSSPI, dont l’école spécialisée Le Prélude, où elle accompagnait les élèves dans le cadre du programme Le Prélude au travail, qui leur permet de se familiariser avec le milieu du travail.

En 2012, elle a pris son premier poste à l’école Le Carignan, puis a travaillé en soutien pédagogique spécialisé à l’école secondaire Calixa-Lavallée et ensuite en adaptation scolaire à Wilfrid-Bastien et Gabrielle-Roy. On peut dire que Mme Marie-Josée s’est beaucoup promenée au CSSPI!

« Je suis une fille d’équipe. J’aime apprendre à travailler avec d’autres personnes et j’apprends de chacun. Mais c’était quand même difficile de changer souvent de milieu, parce que je m’attachais aux élèves, à l'équipe. »

De nouveaux défis à Adélard-Desrosiers

« À Calixa-Lavallée, j’aidais les élèves en classe et dans leurs apprentissages. J'ai eu la piqûre. Alors quand une amie m'a parlé d'un poste de TES à Adélard-Desrosiers où je serais souvent en classe, je n’ai pas hésité. »

Depuis 2016, Marie-Josée Meilleur arpente ainsi les corridors de l’école, attentive aux besoins de tous et toujours prête à aider. « Je n’attends pas dans mon bureau qu’on m’appelle pour une intervention. Je vais dans les classes et je m’assois à côté des élèves; je fais des ateliers en français ou en math quand une enseignante fait un projet spécial avec une partie de sa classe; j’offre des ateliers sur l’estime de soi, la gestion des émotions. J’aime la diversité de mon poste, je me sens valorisé par les élèves, les enseignants et la direction qui me fait confiance. Je me sens compétente et je vois les résultats de mes actions. »

Le petit plus qui fait la différence

Travailler en milieu défavorisé n’est pas toujours facile, mais Marie-Josée Meilleur adore son métier et sait qu’elle peut faire une vraie différence, particulièrement auprès des élèves vulnérables.

« Je prends soin de mes élèves, je fais de la prévention. Chaque jour, je fais le tour des classes pour m’assurer que tous ont mangé et je distribue des collations. Si un enfant fait une crise, je le garde avec moi plutôt que de le renvoyer à la maison. J’ai aussi un bon contact avec les parents : je leur parle en fin de journée et ils peuvent toujours me contacter pour me parler de ce que vit leur enfant, me demander des conseils. Ils apprécient ce soutien et le lendemain, je fais un retour avec l’élève et on se donne un plan pour la journée. »

Pour Mme Meilleur, être éducatrice spécialisée, c’est offrir aux élèves une boite à outils pour leur permettre de mieux vivre leurs émotions et leurs relations avec les autres. « Ma plus belle réussite, c’est quand un enfant me dit : j’ai utilisé mon outil et j’ai résolu mon conflit! Ça me donne des frissons! »

« Quand on pense à Marie-Josée, le premier mot qui vient en tête est bienveillance. Sa présence chaleureuse auprès des élèves, les liens significatifs tissés avec les parents et le soutien quotidien apporté au personnel sont quelques caractéristiques à l'origine de la confiance et l'estime qu'elle inspire à toute la communauté de l'école. Nous sommes privilégiés de faire équipe avec elle », raconte Lucie Aylwin, directrice de l’école Adélard-Desrosiers.

Un immense merci à Mme Marie-Josée pour ce témoignage authentique et merci également à tou(te)s les TES du CSSPI qui font une différence au quotidien dans nos milieux.