Centre de la persévérance scolaire à Calixa-Lavallée

18 février 2022

En octobre dernier, l’école secondaire de Montréal-Nord a ouvert le Centre de la persévérance scolaire (CPS) afin d’offrir aux jeunes vulnérables un lieu accueillant où ils peuvent obtenir le soutien dont ils ont besoin, et ce, à tout moment de la journée.

Quelques mois à peine après le lancement de cette initiative, on constate qu’un lien de confiance se tisse entre les intervenants et les élèves, un facteur significatif pour leur permettre d’atteindre leur plein potentiel.

Comment mieux soutenir les élèves vulnérables?

En analysant chaque année les résultats scolaires et le taux de décrochage, l’équipe-école a constaté que le secondaire 3 est un moment particulièrement vulnérable pour un grand nombre d’élèves, à la formation générale comme au programme Initiation à la formation professionnelle (IFP 3).

En effet, le passage au 2e cycle n’est pas toujours facile et la pandémie a malheureusement exacerbé le problème. On remarque alors des signes de démotivation : augmentation des retards et des absences, élève qui dort sur le bureau, évite la tâche, est dans la lune, n’a pas son matériel, etc.

« Nous avons donc décidé de développer un projet particulier visant à augmenter la fréquence et l’intensité des interventions, pour multiplier nos actions envers nos élèves vulnérables. Nous voulons offrir une présence adulte signifiante et positive, pour que les jeunes développent de nouvelles attitudes et de bons comportements », raconte Éric Denis, enseignant à la persévérance scolaire assigné au CPS.


Éric Denis, enseignant à la persévérance scolaire assigné au CPS.

Le CPS est un espace ouvert où les jeunes qui le souhaitent peuvent rencontrer les intervenants quand ils en ressentent le besoin. Par exemple, une élève qui n’a pas déjeuné peut venir chercher une collation et un jeune qui veut discuter d’une problématique personnelle ou scolaire trouvera toujours quelqu’un pour l’accueillir.

« Au 2e cycle, les élèves doivent être beaucoup plus autonomes, mais ils ne sont pas tous prêts. Il est important de les encourager et de les soutenir pour qu’ils développent de saines habitudes et qu’ils trouvent les moyens d’atteindre leurs objectifs et leurs rêves », mentionne Sonia Dos Santos, directrice adjointe, secondaire 3.


Sonia Dos Santos, directrice adjointe, secondaire 3.

Un lieu accueillant et un soutien efficace

Dans les derniers mois, un éventail de mesures a été mis en place, faisant du CPS un lieu de référence pour l’équipe-école et les élèves.

L’opération Œil de Lynx permet ainsi aux enseignants de remplir une grille d’observation lorsqu’un élève manifeste des signes de démotivation. Le responsable du CPS reçoit alors une notification et établit un premier contact avec l’élève, crée un premier lien et s’assure d’effectuer un suivi.

Les élèves qui sont souvent en retard ou absents sont quant à eux rencontrés par la technicienne en éducation spécialisée (TES) pour discuter des raisons de ce comportement. Si le problème persiste, les élèves sont invités à participer à un groupe de discussion durant lequel ils peuvent trouver des solutions ensemble.

« Il y a une belle énergie au CPS. Les jeunes sont accueillis par une équipe efficace ayant à cœur leur réussite. Mots d’encouragements, coups de coude et salutations du regard : on voit que les jeunes sont heureux de voir leurs intervenants! » souligne Sabine Codio, directrice adjointe IFP3.

Lorsqu’un élève a peine à surmonter ses difficultés, on lui propose de rencontrer le psychoéducateur, un processus facilité par les liens déjà créés avec les intervenants du CPS.


Sabine Codio, directrice adjointe IFP3.

« Quand quelqu’un est présent au quotidien pour accueillir chaleureusement les élèves, c’est beaucoup plus facile pour eux de tendre la main pour recevoir de l’aide. L’approche centrée sur l’apprentissage et le renforcement des comportements attendus permet de s’allier aux élèves et de leur donner les conditions gagnantes pour surmonter leurs défis », témoigne le psychoéducateur Vincent Courtemanche.


Vincent Courtemanche, psychoéducateur.

En plus de ces interventions ciblées, le CPS sensibilise tous les élèves de secondaire 3 et d’IFP 3 aux enjeux de la persévérance scolaire grâce à une compétition amicale. Chaque mois, les douze groupes doivent relever un défi (par exemple, diminuer le nombre de retards par rapport au mois précédent) et tous ceux qui réussissent obtiennent une récompense. Des représentants de chaque classe aident d’ailleurs le CPS en identifiant des défis stimulants et des récompenses.

« Les élèves n’hésitent pas à me faire savoir qu’ils sont présents : « Regardez monsieur, je suis à l’heure! » L’affichage des résultats du défi mensuel valorise également les élèves et crée un sentiment d’appartenance », constate M. Denis.

Tout un travail d’équipe!

La mise en œuvre du CPS est le fruit d’une collaboration et d’une complémentarité entre différents membres de l’équipe-école.

« L’équipe de direction s’assure que le CPS a tout ce dont il a besoin pour bien fonctionner et supervise l’application du modèle de Réponse à l’intervention. La secrétaire nous fournit quant à elle les statistiques sur la ponctualité et l’assiduité et s’occupe de l’affichage pour les groupes méritants. L’éducatrice spécialisée identifie et accompagne les élèves qui ont besoin de plus d’assistance et le psychoéducateur nous propose des pistes de solution », souligne M. Denis.

« Il y a une équipe derrière la réussite de ce projet et je suis fière d’en faire partie. Nos élèves ont besoin d’être valorisés et encouragés à aller de l’avant et je suis heureuse de constater qu’ils donnent leur maximum pour réussir », témoigne la TES Karima Nefil.


Karima Nefil, TES.